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Collection « Naissance de l’économie politique »

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Présentation de la collection.

SLATKINE REPRINTS est une société suisse basée à Genève qui a été fondée par Michel-Édouard SLATKINE en 1964. La société est active dans tous les domaines du livre, de l’édition à l’impression, en passant par la diffusion-distribution. La société est aujourd’hui dirigée par MM. Ivan et Michel-Igor SLATKINE, poursuivant ainsi sur quatre générations l’activité de la famille SLATKINE dans le livre ancien et moderne.

SLATKINE REPRINTS est aujourd’hui active les domaines de la réimpression d’ouvrages rares et épuisés, l’édition universitaire sous le label SLATKINE ÉRUDITION, l’édition grand public sous le label des ÉDITIONS SLATKINE. Enfin, une imprimerie intégrée (IMPRIMERIE SLATKINE) lui permet de réaliser pour son compte ou pour des tiers tout type de livres et ce pour tous tirages, grâce aux technologies les plus modernes en terme d’impression.

La collection NAISSANCE DE L’ECONOMIE POLITIQUE vise à offrir au public des textes anciens ayant contribué à la réflexion économique avant la constitution de l’école classique. Elle a vocation à rendre disponible, en langue française, des textes restés sans édition ou dont les éditions sont épuisées. Les auteurs éligibles pour la collection sont antérieurs au XIXe siècle : penseurs de l’antiquité, scolastiques, mercantilistes et physiocrates notamment.

La collection est destinée aux scientifiques, aux érudits mais également tous les lecteurs intéressés par l’histoire de la pensée économique. Chaque titre de la collection est préparé par un EDITEUR SCIENTIFIQUE, spécialiste de l’auteur ou de son époque.

Les textes sont établis à partir de transcriptions si nécessaire modernisées ; il peut s’agir de traductions. Ils sont accompagnés d’éventuelles notes et variantes établies à partir des éditions supervisées par l’auteur. Ils sont précédés d’une présentation destinée à évoquer le texte dans son contexte historique et intellectuel.

J’ai fondé, à l’invitation d’Ivan Slatkine, la collection « Naissance de l’économie politique » et en assure la direction scientifique.

Soumission d’un projet éditorial.

L’auteur porteur d’un projet d’édition scientifique pour la collection fera parvenir (par courriel : bernard.herencia@univ-mlv.fr) un bref descriptif de sa proposition (1 page maximum) comportant : le nom complet de l’auteur, le titre provisoire du volume proposé, le détail du (des) titre(s) retenu(s) pour composer le volume, le nom et les coordonnées de l’éditeur scientifique (le cas échéant le rédacteur de la Présentation et le transcripteur seront distingués), une proposition de date de remise du manuscrit et un bref descriptif de l’intérêt scientifique du volume.

Volumes  parus.

Volume 1.

Paul Pierre Lemercier de la Rivière, Canevas d’un code constitutionnel, Œuvres politiques (1787-1789), Présentation et transcription par Bernard Herencia, Genève, Slatkine, 2011, 250 p. Recueil réunissant : Lettre sur les économistes (4 éditions), Les Vœux d’un François, Essais sur les maximes et loix fondamentales, Coup d’œil impartial et notions exactes sur la monarchie françoise et  Lettre à Messieurs les Députés.

A l’époque où la monarchie française agonise, tandis que le processus révolutionnaire s’amorce avec la convocation des Représentants de la Nation, Lemercier de la Rivière, autrefois célèbre pour son « despotisme légal », tente d’infléchir les débats publics dans le sens des principes de la Physiocratie. Il y contribue en effet depuis le milieu du siècle avec ses amis du cercle intellectuel de François Quesnay. Après une carrière au Parlement de Paris, puis d’administrateur et d’expert législatif pour les colonies, Lemercier de la Rivière reprend en 1787-1789, une activité de publiciste pour accompagner les évolutions politiques générales en cours. Ces textes, longtemps oubliés, sont essentiels pour comprendre son œuvre politique. La Physiocratie propose une lecture du monde et des règles d’actions pour une transformation économique et politique. Les développements de Lemercier de la Rivière s’appuient sur des problématiques théoriques et pratiques : comment élaborer un droit positif conforme à l’ordre naturel et comment soumettre le monarque à cette perfection législative ? Lemercier de la Rivière conçoit alors une normativité des textes tout à fait novatrice et propose la mise en place d’un contrôle constitutionnel. Le présent recueil invite à la redécouverte des apports de Lemercier de la Rivière pour la construction d’un art de gouverner pouvant s’instrumentaliser dans et par la loi. Cette gouvernementalité est centrée sur la rationalisation de la puissance publique, structurée par un droit positif conforme au droit naturel. Ces textes témoignent de ses efforts pour instituer un état de droit et articuler l’économie et le politique dans une perspective physiocratique.

Volume 2.

Claude Jacques Herbert, Essais économiques sur la liberté de commerce dans l’agriculture. Composés de l’Essai sur la police générale des grains, de l’Essai sur la police générale des grains, sur leurs prix et sur les effets de l’Agriculture et du Discours sur les vignes. Présentation et transcription par Jean-Daniel Boyer. Genève, Slatkine, 2012, 264 p.

L’approvisionnement en nourriture est une question cruciale. Une organisation centralisée et administrée est-elle mieux à même d’assurer la subsistance des populations ? Permet-elle à long terme de garantir des prix alimentaires supportables et d’éviter les disettes ? Claude-Jacques Herbert (1700-1758) défend, contre les réglementations en vigueur, la liberté du commerce des grains. Ses écrits, et particulièrement l’Essai sur la police générale des grains, défendent une régulation nouvelle fondée sur la liberté et sur le libre jeu des acteurs qui, mus par leurs intérêts et guidés par le niveau des prix, participeront de manière plus efficace à la production de denrées agricoles. Les écrits de Claude-Jacques Herbert s’inscrivent dans un moment nouveau de la pensée économique qui vise à défendre la mise en place d’un marché libre seul garant du bon prix des denrées alimentaires et de leurs productions. S’inspirant des propositions du cercle de Gournay, ces essais prennent part aux débats sur les blés émergeant au milieu du XVIIIe siècle en France et constituent une des prémisses des réformes libérales du commerce des céréales débutant véritablement en 1763. Le présent recueil de textes invite à la redécouverte de Herbert et sa contribution à un nouveau mode de régulation fondé sur les mécanismes de marché.

Volume 3.

Paul Pierre Lemercier de la Rivière. La Liberté du commerce des grains. Œuvres économiques (1765 et 1770). Présentation et transcription par Bernard Herencia, Genève, Slatkine, 2013, 276 p. Recueil réunissant : Observations sur le Mémoire intitulé Réflexions d’un citoyen et L’Intérêt général de l’Etat.

Ce second volume consacré à la réédition scientifique des œuvres de Lemercier de la Rivière réunit sa première publication (Observations sur le Mémoire intitulé Réflexions d’un citoyen, 1765) et son second grand ouvrage (L’Intérêt général de l’Etat, 1770 – suivi de son Analyse par Vauvilliers). Ces deux textes sont consacrés à la défense de la principale option de politique économique de son groupe intellectuel, les physiocrates : la liberté du commerce. Il s’agit d’améliorer, principalement pour les grains, l’efficience économique d’ensemble en libérant les capacités d’action des agents, et d’améliorer la répartition de l’accès aux grains pour réduire le syndrome de l’incohérence des disponibilités avec, durant une même saison, des pénuries ici et des surplus inutilisés là. Lemercier de la Rivière s’engage dans la polémique avec les opposants à la liberté du commerce, notamment Galiani, en intervenant sur un triple niveau : l’analyse de la conjoncture économique passée, la défense des nouveaux édits sur la liberté du commerce (1763-1764), l’argumentation théorique permettant de conclure à la supériorité de la liberté sur la réglementation. C’est dans ce cadre qu’il va tout particulièrement s’attacher à fonder, en théorie, la liberté du commerce en développant sa liaison avec le droit de propriété. Enfin, à cette époque, Lemercier de la Rivière initie ou alimente des réflexions économiques en matière de valeur, de rente différentielle, d’équilibre général et laisse apparaître sa position sur l’esclavagisme. Ce recueil permet de prendre la mesure du parcours intellectuel de Lemercier de la Rivière entre sa position d’ancien intendant de la Martinique et sa stature d’homme d’Etat qui en 1774 attendra vainement sa nomination au contrôle général qui reviendra à Turgot.

Volume 4.

Scipion de Gramont. Le Denier royal, traité curieux de l’or et de l’argent. Editeur scientifique : Laure Chantrel assistée de Jean-Pierre Sipos pour la transcription. Genève, Editions Slatkine  2014, 216 p.

  • Érudit libertin, ami de La Mothe Le Vayer et de Gabriel Naudé, grands noms de la Raison d’État et de l’absolutisme monarchique, Gramont écrit son Denier royal guidé par un objectif : démontrer que le pouvoir d’achat des ressources financières du Roi n’a pas augmenté depuis Charles V. Si l’on veut abattre le lieu commun selon lequel impôts et taxes ne cesseraient d’augmenter et le peuple de s’appauvrir, il faut impérativement construire une théorie de la valeur permettant de définir le pouvoir d’achat du revenu des particuliers, des princes et de la nation. L’entreprise nécessite de distinguer rigoureusement augmentation des prix et cherté. Bodin, comme Malestroict, confondent la mesure de la richesse avec la richesse elle- même. C’est l’abondance ou la rareté des biens satisfaisant aux besoins des hommes qui permet de savoir si ces biens sont devenus plus chers, en aucun cas la quantité de métaux précieux qu’il faut céder en échange. Cela a-t-il un sens de dire que depuis trois cents ans, le royaume de France n’a cessé de s’appauvrir ? Voilà Bodin et Malestroict renvoyés tous deux « aux erreurs populaires » à cette propension des hommes à penser que tout va de plus en plus mal, que le temps se dégrade, que la pauvreté s’accroît, que les hommes sont de plus en plus mauvais, que les terres sont de moins en moins fertiles. Cette remise en question radicale lui fournit une méthode qui l’amènera à répondre aux questions suivantes d’une façon tout à fait originale : Comment convient-il de définir la richesse et la monnaie ? Quels rapports entretiennent-elles ? Qu’en est-il de la cherté ? Est-elle réelle ou supposée ? Comment expliquer la diminution de la valeur estimative de la monnaie ? Quelle est la bonne méthode pour étudier les mouvements des prix et des revenus ? Comment les revenus du roi ont-ils évolué ? Quelles sont les causes du mécontentement du peuple ? Comment y remédier ?

Volume 5.

Lemercier de la Rivière, Paul Pierre, Pennsylvaniens et Feliciens. Œuvres utopiques (1771 et 1792). Editeur scientifique (présentation et transcription) : Bernard Herencia, Genève, Editions Slatkine  2014, 442 p.

  • Ce troisième volume consacré à l’œuvre de Paul Pierre Lemercier de la Rivière (1719-1801) – ancien administrateur colonial et parlementaire – réunit les Lettres d’Abraham Mansword (1771) et L’Heureuse Nation (1792). Les Lettres d’Abraham Mansword lui sont enfin attribuées avec certitude et publiées pour la première fois dans leur texte intégral. L’Heureuse Nation est son dernier grand ouvrage. Ces œuvres sont formellement proches, elles s’adressent aux gouvernants et à l’opinion publique à travers une écriture allégorique dans les Lettres et une œuvre délibérément utopique dans L’Heureuse Nation selon le modèle de l’Utopie de Thomas More. Cela permet à Lemercier de la Rivière d’exposer différemment les conceptions politiques et économiques qu’il défend depuis les années 1750. Durant la Révolution, Lemercier de la Rivière n’espère plus aucune nomination officielle et publie sans attendre une quelconque reconnaissance en prenant une distance – utopique – permettant de s’extraire des contingences du temps. Il s’épargne le commentaire d’une Révolution dont la violence s’exacerbe de mois en mois et peut émettre l’espoir de la possibilité d’une révolution pacifique. Il expose sa dernière vision d’une société conforme aux ambitions de l’Ecole des physiocrates fondée autrefois par François Quesnay. Il esquisse l’horizon à atteindre en synthétisant ses conceptions philosophiques, morales, pédagogiques, économiques et politiques, affinant ses projets constitutionnels et achevant l’élaboration des alternatives aux analyses proposées par Mably ou Rousseau. Surtout, il développe des thématiques marginalisées dans ses études antérieures (les vertus, la bienfaisance) et donne des orientations nouvelles à ses conceptions : la liberté économique est associée à un protectionnisme sélectif ou encore à la planification de certaines productions, la liberté de la presse est réclamée toutefois qu’elle respecte la morale. Enfin, il innove en proposant des outils théoriques à peine ébauchés par ses contemporains : la rente différentielle, le multiplicateur, la modélisation économique.

Volume 6.

Philo ruraleVictor Riqueti de Mirabeau et François Quesnay avec la contribution de Charles Richard de Butré, Philosophie rurale. Editeurs scientifiques : Pierre Le Masne et Romual Dupuy, Genève, Editions Slatkine,  2014, 704 p.

  • La première édition de la Philosophie rurale a été imprimée en 1763 et distribuée en librairie à partir de février 1764. Cette réédition scientifique, deux siècles et demi après, la première depuis le XVIIIe siècle, reprend le texte de l’édition in-4 de 1763 de la Philosophie rurale, et l’accompagne de notes critiques et d’explications. L’ouvrage, écrit par Mirabeau et Quesnay (avec la contribution de Butré), est un livre majeur de l’économie politique. Par l’importance de la synthèse qu’elle propose, la Philosophie rurale peut être comparée à La Richesse des Nations d’Adam Smith ou aux Principes de l’Economie politique et de l’impôt de David Ricardo. La Philosophie rurale a des qualités rares. Elle présente en un seul volume tous les aspects de la doctrine physiocratique. Elle est le seul ouvrage d’économie de François Quesnay, qui s’exprime en général sous forme d’articles et de textes courts. Elle fait la présentation la plus détaillée et la plus complète du fameux Tableau physiocratique, avec plus de 40 tableaux. Elle aborde de nombreuses questions macroéconomiques, avec un appareil technique très sophistiqué. La Philosophie rurale est écrite dans une belle langue. Elle témoigne de l’inscription de la Physiocratie dans le siècle des Lumières et apporte de nombreux éléments historiques concrets sur l’économie française des années 1760, et sur la période qui précède la Révolution. La Philosophie rurale propose, au travers de ses tableaux, une modélisation économique très riche, qui ne sera pas dépassée avant le XXe siècle. Elle aborde de nombreux thèmes d’une manière originale, avec notamment une critique de la finance qui préfigure Keynes et qui reste très actuelle. Elle comporte également une dimension écologiste, avec un souci de développer la production «du crû» et la consommation locale, et avec une définition de la production comme régénération qui interpelle le lecteur d’aujourd’hui soucieux de rendre la reproduction économique compatible avec la reproduction des éléments de la nature.

Volume 7.

François-Nicolas Canard, Œuvres économiques (1801-1826). Editeur scientifique : Thierry Martin. Genève, Editions Slatkine, 2015, 232 p.

  • L’œuvre économique de Nicolas-François Canard (1754-1833) est souvent considérée comme la première tentative d’application de l’algèbre à la science économique. Mais on aurait tort de réduire la pensée économique de N.-F. Canard au seul recours à l’instrument mathématique, lequel fut l’objet de jugements contrastés de la part de la postérité. L’intérêt de l’œuvre se lit également dans sa critique de la pensée physiocratique et dans son analyse des concepts de latitude et d’équilibre. Largement diffusés en France et en Europe, les Principes d’économie politique ont eu quelque influence sur l’édification de la science économique, notamment sur la pensée de Sismondi. Le présent ouvrage contient, outre les Principes d’économie politique (1801), le Mémoire sur les emprunts publics (1796) et le Mémoire sur les causes qui produisent la stagnation et le décroissement du commerce en France (1826), rassemblant ainsi en un volume la totalité de l’œuvre économique de N.-F. Canard.

Volume 8

François Véron Duverger de Forbonnais, Elémens du commerce. Principes et observations économiques. Editeur scientifique : Jean-Daniel Boyer. Genève, Editions Slatkine, collection « Naissance de l’économie politique », 2016, 620 p.

  • Couverture ForbonnaisMême s’il est aujourd’hui moins connu que François Quesnay, François Véron Duverger de Forbonnais (1722-1800) est sans doute l’un des auteurs ayant le plus contribué à la naissance de l’économie politique dans la seconde moitié du dix-huitième siècle en France. Expert et conseiller de l’administration, membre du cercle de Gournay, collaborateur en 1759 du contrôleur général Etienne de Silhouette, historien de l’économie, théoricien du commerce politique et détracteur de la Physiocratie, il propose, dans ses écrits, de promouvoir la liberté du commerce intérieur afin de d’accroître la production de richesses et de générer des excédents de la balance commerciale. Le commerce politique, à la fois art et science de l’administration, est ainsi soumis à une fin essentielle : la puissance nationale. Cette réédition scientifique réunit les ouvrages théoriques et généraux de Forbonnais. Elle reprend ainsi le texte de l’édition de l’An IV des Elémens du commerce en le comparant avec celui des éditions de 1754, 1755 et 1766 et avec les articles que Forbonnais avait écrits pour l’Encyclopédie. Elle y associe les Principes et observations oeconomiques, parus en 1767, ouvrage dans lequel Forbonnais propose notamment une critique théorique et méthodologique du Tableau Economique de Quesnay ainsi que des articles Grains et Fermiers parus dix ans plus tôt dans l’Encyclopédie. Le Commerce politique, promu par Forbonnais, se présentait ainsi comme une véritable alternative à la Physiocratie.

Volume 9

Paul Pierre Lemercier de la Rivière, Pour la Pologne, la Suède, l’Espagne et autres textes. Œuvres d’expertise (1772-1790), Editeurs scientifiques : Bernard Herencia et Béatrice Perez. Genève, Editions Slatkine, collection « Naissance de l’économie politique », 2016, 360 p.

  • couverture-lemercier-volume-ivCe quatrième volume des œuvres de Paul Pierre Lemercier de la Rivière (1719-1801) poursuit l’édition de ses contributions au mouvement intellectuel de la seconde moitié du XVIIIe siècle. Les textes recueillis ici ont en commun d’être des travaux par lesquels Lemercier de la Rivière répond à des sollicitations de la part de députés polonais, du roi de Suède, du ministre de la Marine, d’un économiste espagnol et de l’Assemblée nationale. Il s’agit de fait d’œuvres d’expertise. Le recueil que nous avons constitué dans cet esprit contient, selon un ordre chronologique, les pièces suivantes (dont trois d’entre-elles sont inédites) : L’Intérêt commun des Polonois (1772). Il s’agit de la première édition de ce texte : Lemercier de la Rivière confronte sa pensée politique à celles de Rousseau et de Mably. Ce texte est accompagné (comme le souhaitait Lemercier de la Rivière) des Avis économiques aux Citoyens éclairés de la République de Pologne de Nicolas Baudeau ; De l’Instruction publique, ouvrage commandé pour le roi de Suède (1775). Traité accompagné de documents de Carl Fredrik de Scheffer et de Gustave III de Suède ; Le Compte rendu au Ministre de la Marine (1776) sur les Considérations sur l’état présent de la colonie française de Saint- Domingue d’Hilliard d’Auberteuil. Ce texte est pour la première fois édité dans sa version intégrale. Il est accompagné de lettres d’Antoine de Sartine et de Michel René Hilliard d’Auberteuil ; Lettres sur la Banque de Saint-Charles d’Espagne (1786-1787). Lemercier de la Rivière polémique avec l’économiste et publiciste espagnol Foronda. Trois lettres sont pour la première fois proposées dans une traduction française réalisée par Béatrice Perez ; Mémoire à l’Assemblée nationale pour les syndics généraux des créanciers des Jésuites (1790) relatif à l’apurement des dettes des jésuites ; Palladium de la constitution politique (1790). Lemercier de la Rivière détaille, cette fois pour la France et dans le contexte révolutionnaire, ses propositions en matière d’instruction publique. Ce pamphlet est suivi de son analyse par Nicolas de Chamfort.

Volume 10

William Petty, Genèse de l’arithmétique politique, Éditeur scientifique : Sabine Reungoat, Genève, Editions Slatkine, collection « Naissance de l’économie politique », 2017, 194 p.

  • L’œuvre de William Petty (1623-1687) marque une étape importante dans la constitution de l’économie politique comme science. Les trois traités rassemblés ici permettent de suivre la genèse de l’arithmétique politique, discipline nouvelle apparue dans l’Angleterre de la Restauration avant de faire école en France et en Hollande au siècle suivant. Petty emprunte à la science moderne de son temps la méthode quantitative et un langage fondé sur « le nombre, le poids et la mesure », qu’il entend appliquer à l’étude des faits économiques. Il s’efforce de dresser un inventaire des richesses matérielles et humaines du pays, conçu comme le prélude d’une entreprise visant à réformer l’administration royale et la société dans son ensemble. Statisticien, Petty est aussi un théoricien dont l’ampleur de vues et l’originalité le distinguent des auteurs de pamphlets économiques de son époque. Dans le Traité des Taxes (1662), son ouvrage le plus abouti, il se penche sur les moyens de rationaliser la fiscalité, ce qui le conduit à s’interroger sur les sources de la richesse et à poser les fondements de la théorie de la valeur travail. Il y ébauche une réflexion sur le rôle de la monnaie dans l’économie qui influencera les écrits de John Locke. Dans le Verbum Sapienti (1665), Petty propose la première estimation du revenu national de l’Angleterre et du Pays de Galles. L’Arithmétique Politique (1676) apparaît comme une défense et illustration de sa méthode. Dans cet ouvrage qui le rendit célèbre outre-Manche, il se livre à une étude comparée de la richesse, de la population et du développement économique de l’Angleterre, de la France et de la Hollande. Ces textes, publiés ici dans une nouvelle traduction assortie de commentaires, témoignent de l’évolution d’une pensée qui constitue une transition entre le mercantilisme anglais et la doctrine classique d’Adam Smith, dont Petty anticipe nombre de concepts fondateurs.

Volumes à paraitre.

Pierre Joseph André Roubaud, De la Réglementation du commerce. Réponses à Galiani, Editeurs scientifiques : Pierre-Henri Goutte et Gérard Klotz. 2016

Paul Pierre Lemercier de la Rivière, L’Ordre naturel et essentiel des sociétés politiques, Edition du 250e anniversaire avec notes, variantes et documents. Editeurs scientifiques : Bernard Herencia et Béatrice Perez. 2017.

Le Journal de l’agriculture, du commerce, des arts et des finances (1765-1783) : Histoire et analyse d’une revue économique d’Ancien Régime. Tables complètes et documents. Editeurs scientifiques : Pierre-Henri Goutte, Bernard Herencia et Gérard Klotz. 2017.

Guillaume-François Le Trosne, Les Lois naturelles de l’ordre social (Recueil réunissant : De l’ordre social suivi du Discours sur la liberté du commerce des grains ; De l’intérêt social, par rapport à la valeur, à la circulation, à l’industrie et au commerce intérieur et extérieur). Editeur scientifique : Thérence Carvalho. 2018.

Victor Riqueti de Mirabeau et François Quesnay, Théorie de l’impôt, suivi de Supplément à la théorie de l’impôt. Editeur scientifique : Pierre Le Masne. 2019.